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787 de Munich : un décollage avec les pieds sur les freins ?

À Munich, un Boeing 787 a freiné pendant le décollage et presque épuisé la piste. Le rapport intérimaire relance le débat sur les alarmes d’accélération et les procédures.

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Jean-François Bourgain
oct. 09, 2026
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Le 15 août dernier, un Boeing 787 de Vietnam Airlines a frôlé la catastrophe au décollage de Munich. Avec 287 personnes à bord, l’avion a accéléré anormalement lentement, puis a quitté la piste après l’avoir presque entièrement parcourue. Le rapport intérimaire révèle un freinage pendant la course. L’équipage a finalement réussi à faire décoller l’appareil et à le ramener au sol.

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Dans un avion moderne de 241 tonnes, un freinage partiel ne se ressent pas forcément comme dans une voiture. ©Ryuno

À retenir

  • Le 787 pesait 241 tonnes et a plafonné à 168 nœuds pendant une partie de sa course au décollage.

  • Un freinage a été enregistré, surtout à gauche, mais la cause exacte reste à éclaircir.

  • L’avion a dépassé l’extrémité de la piste d’environ 240 mètres, avec des pneus endommagés et un contact de la queue avec le sol.

  • L’équipage a pu revenir et se poser après plusieurs vérifications et un changement de pilote aux commandes.

  • L’événement relance une question : les procédures devraient-elles surveiller plus directement l’accélération au décollage ?

Ce que révèle le rapport intérimaire

Le rapport publié par le bureau d’enquête allemand décrit un événement inhabituel, mais ne donne pas encore toutes les réponses. L’enregistrement audio du cockpit n’était pas disponible, et les enquêteurs doivent encore établir pourquoi l’avion est resté sur l’axe malgré un freinage dissymétrique.

Les données indiquent qu’environ trois secondes après le début de la mise en puissance, une pression sur les freins a été enregistrée. Elle était d’abord plus importante à gauche, puis a augmenté. Des traces de freinage ont aussi été relevées sur la piste, mais le rapport ne permet pas encore de déterminer précisément comment la situation a évolué.

La vitesse de l’avion a fini par cesser d’augmenter aux alentours de 168 nœuds, alors qu’il se trouvait encore sous V1 et sous la vitesse normale de décollage. Il y est resté pendant environ 18 secondes. Finalement, l’appareil a quitté la piste après en avoir dépassé l’extrémité d’environ 240 mètres. Il a touché de la queue et plusieurs pneus ont été abîmés.

Pourquoi l’équipage n’a-t-il pas interrompu le décollage ?

La question paraît simple, mais elle ne l’est pas. Dans un avion moderne de 241 tonnes, un freinage partiel ne se ressent pas forcément comme dans une voiture. Le cockpit est aussi conçu pour limiter le bruit : les pilotes ne peuvent pas toujours se fier à leurs sensations et surveillent surtout les instruments et les paramètres de vol.

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